Présentation 2

"Des Jours et Des Nuits" de Timoty Mason du 22 mai au 19 juin 2010

 

C'est ainsi que nous passons...


Timothy Mason rapporte de ses voyages les images de l’impermanence et de la fragile mémoire du monde. Nous sommes au Maroc, à Marrakech - l’architecture, la végétation, les animaux, les visages, les vêtements nous le disent. Mais nous pourrions être ailleurs, dans une autre de ces villes qu’il a déjà arpentées. Chicago, Paris, Lisbonne ou Montreuil, finalement, se ressemblent : leurs lisières comme leurs centres sont les lieux instables où passent nos vies éphémères. Avec des jours et des nuits, il nous convie à une songerie. Dans cette installation, des photographies, à la subtile géométrie nimbée de lumière jaune et un film, tout en succession de transparences colorées se répondent en jouant sur une ambivalence insensible entre immobilité et flux.

 

Au premier abord, photographies et film paraissent se compléter dans l’opposition de leurs différences formelles évidentes : d’un côté, la nuit, un cadrage qui embrasse les perspectives, des premiers plans vides, le temps suspendu, la présence concrète des surfaces et des contours des objets, l’immobilité. De l’autre, le jour, un cadrage serré, des plans saturés jusqu’au brouillage, le temps qui s’étire, la dissolution des corps dans des superpositions proches de l’abstraction, le mouvement continu. Mais un regard plus attentif dément ces perceptions premières et dévoile leur ressemblance intime.

 

Nuit. Des rues, un terrain de jeu et un quartier d’habitation déserts, des zones intermédiaires jonchées de détritus, un éboulement aux pieds d’un banc inutile, une esplanade cernée de bâtiments anciens, une place parsemée de menues silhouettes indistinctes, un parking de voitures identiques gardé par un spectre en poste sous le lampadaire. Autant de lieux durcis, comme incrustés dans le sol mais délaissés et absents à eux-mêmes. Il n’y a apparemment rien à voir dans le silence net de la nuit. Sous la douce lumière diffuse, qui parfois crépite et aveugle, s’étendent des lieux à peine habités par des ombres, toujours traversés. Dans les trous, une ligne de fuite oblique, plus rarement centrale, happe et entraîne vers le prochain ailleurs, un prochain vide. L’image chancèle…

Jour. Un vieil homme traverse l’écran et son regard invite à suivre la déambulation d’innombrables silhouettes évanescentes. La plupart se croisent sans se rencontrer, d’autres nouent des rapports en catimini : des adolescents jouent au football, des jeunes hommes s’affrontent au billard, un autre marchant seul se détache, disparaît, réapparaît, puis se fond dans la foule. Des enfants rieurs s’agglutinent sous l’œil de la caméra, un dromadaire marche au milieu des vélos, l’intérieur se mêle à l’extérieur, la ville au désert. Les plans se superposent comme autant de souvenirs de voyages successifs ; le film ne se déroule pas, il se déplie. Il n’y a pas de narration mais un télescopage de fragments. Les corps mouvants font du sur place.

 

Ainsi, dans la nuit claire des photographies, le temps semble avoir repris son cours, tandis qu’il paraît contenu dans le jour sans soleil du film. Le temps s’abolit dans ce monde inversé. Passé, présent et futur se sédimentent dans la densité des photographies et les transparences du film. Sensation d’atemporalité renforcée par le dispositif qui associe dans une salle unique les photographies à une projection tournante : seul le cadre se déplace. Si les fantômes du jour recouvrent par intermittence le décor nocturne, le film ne se déroule toujours pas. La nuit ne succède pas au jour. Timothy Mason capte la mélancolie des êtres condamnés au transit éternel dans un espace-temps immobile.

 

Il nous entraîne dans son voyage imaginaire au pays des esprits. On se plaît à rêver que, par la grâce du hasard, les adolescents immatériels trouveront le terrain de jeu qui les attend…un court instant, ne serait-ce qu’un court instant…

 

Sophie Kimenau

 

 

ليل و نهار

  "تيــموتي ماسون" 
 

      بإيجاز تام...التقينا بمراكش، خلال أيام قليلة تصادقنا، كانت مناسبة فنية حاول كل منا الإصغاء للآخر. في الليلة الأخير اقترح علي "تيــم" مرافقته قصد أخذ صور في أرجاء المدينة. حوالي الساعة الواحدة والنصف ليلا، خرجنا أنا و"تيــم" مسافرين في الليل للبحث عن مراكش الحمراء، تحت الأضواء، عابرين لشوارعها الطويلة، أو بالأحرى تائهين بين أزقتها المتشعبة.

مرافقتي لهذا الصديق كانت فرصة لإستكشاف كواليس واحدة من أهم مدن المغرب؛ أحياء متناقضة وواجهات مزيفة وصورة شخصية معاكس للفضفضة الشائعة عن هذه البؤرة السياحية. 

لم أدرك أهمية تجربة السفر معه إلا بمرور الوقت وتوالي محطات الوقوف، نقف قصد التأمل ماليا في نقطة معينة، بعدها يقرر الفنان الفوتوغرافي مدى ضرورة التقاط الصورة التي نادرا ما تشبع عدسة عينه، مما يجعله يتردد للضغط على زر جهاز التصوير، وقد تستغرق العملية الواحدة أكثر من ساعة في الحالة العادية...ضد الصورة الرقمية، عموما هو إختيار وطريقة ومبدأ ورؤية خاصة بهذا الفوتوغرافي، الذي يفسح المجال أمام التدفق البصري الهادئ بين العدسات الثلاث؛ انطلاقا من عدسة عين الفنان عبر عدسة الجهاز الفوتوغرافي وصولا لعدسة عين المتلقي. 

من زاوية نظر "تيــم" الخاصة تسنى لي كفنان رؤية محيطي بعين الغريب، من هذا المنطلق أود أن أضيف أن أعمال "تيــم" الفنية لا تصب في المحاكاة كما جرت العادة مع تاريخ الصورة، ولا تعكس الواقع الظاهري، كما لا تنبش في الذاكرة، ولا تتظاهر بالجمال أو ترسخ للمفاهيم الجمالية فقط...الفنان هنا بكل بساطة يضعنا أمام الصورة، يعرض علينا فرصة التأمل المباشر، يسمعنا صمت الصورة في حركة سكون الفضاء اللامتناهي، الممتد داخل وخارج الإطار البانورامي للقطة...أحيانا يضع "تيــم" عدسة جهازه أمام الزاوية أو عند مفترق طرق، مطبقا قاعدة "بين"، ليس لإجبارنا على الإختيار أو قصد الإحراج، بل دعوة للوقوف وفرض تام للسكون، وربط الخارج بالداخل...أحيانا أخرى يحرج عدسة المتلقي بإلقاء عدسته على عرض الحائط، وجها لوجه مع الجدار، مجابهة مع المنظور مع الإستغناء عن العمق البصري. 

 

محمد أرجدال 2010 

 

 

 

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